Frappes massives sur Kyiv : au moins quatre morts, l’Orechnik utilisé pour la troisième fois
Dans la nuit du dimanche 24 mai, la Russie a lancé une offensive aérienne d’envergure contre l’Ukraine, visant en priorité la capitale Kyiv. Le bilan provisoire fait état d’au moins quatre morts et plus de cent blessés. Moscou a confirmé l’utilisation du missile balistique hypersonique Orechnik, capable de transporter des ogives nucléaires — une troisième occurrence depuis le début de l’invasion à grande échelle en février 2022.
Bilan humain et détail des frappes
Selon les forces aériennes ukrainiennes, la Russie a mobilisé 90 missiles et 600 drones dans cette opération. Les défenses ukrainiennes ont intercepté 55 missiles et 549 drones, selon le même communiqué.
À Kyiv, le maire Vitali Klitschko a rapporté via Telegram deux morts et 56 blessés dans la capitale. Deux autres décès ont été enregistrés dans la région métropolitaine, dont une enfant de moins d’un an parmi les neuf blessés supplémentaires, selon le chef de l’administration régionale Mykola Kalachnyk.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a détaillé les cibles touchées : des infrastructures d’approvisionnement en eau, un marché incendié, des dizaines d’immeubles résidentiels et plusieurs établissements scolaires. Un missile Orechnik a frappé Bila Tserkva, ville de l’oblast de Kyiv.
L’Orechnik : un missile stratégique à portée symbolique
Le ministère de la Défense russe a confirmé l’utilisation de plusieurs missiles Orechnik, affirmant que ces frappes constituent une réponse aux attaques ukrainiennes sur le territoire russe et qu’elles n’ont visé que des objectifs militaires. Kyiv n’a pas confirmé l’emploi de plusieurs exemplaires de ce missile.
L’Orechnik est un missile balistique hypersonique à portée intermédiaire, déployé l’an dernier par l’armée russe en Biélorussie — pays frontalier de trois membres de l’OTAN et de l’UE : la Pologne, la Lituanie et la Lettonie. Il avait déjà été utilisé en novembre 2024 contre une usine militaire, puis en janvier 2026 contre une usine aéronautique dans l’ouest de l’Ukraine. Dans les deux cas précédents, aucune ogive nucléaire n’était embarquée.
Contexte : une riposte annoncée par Poutine
Ces frappes font suite à une promesse de représailles formulée par le président russe Vladimir Poutine après une attaque de drones ukrainiens sur des bâtiments éducatifs de Starobilsk, dans la région de Louhansk occupée par Moscou. Cet incident avait causé au moins 18 morts et plus de 40 blessés.
Kyiv a démenti avoir ciblé des civils, affirmant avoir visé une unité russe de drones stationnée dans la zone. Zelensky a appelé la communauté internationale à exercer une pression accrue sur Moscou et prévenu que l’Ukraine « répondra entièrement et de manière égale à chaque frappe russe ».
Vague de condamnations européennes
Les réactions des dirigeants européens ont été unanimes dans leur condamnation, bien que nuancées dans leur formulation.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de débats intenses au sein des institutions européennes sur le niveau de soutien militaire à apporter à Kyiv et sur les modalités d’une éventuelle négociation de paix.
Avec AFP et Reuters
