Guerre en Ukraine : Paris, Londres et Berlin soutiennent un dialogue direct entre Kiev et Moscou

Le sommet de Londres ouvre la voie à des négociations directes

Les dirigeants français, britannique et allemand ont apporté dimanche 7 juin leur soutien formel à la proposition du président ukrainien Volodymyr Zelensky d’un « dialogue direct » entre l’Ukraine et la Russie, à l’issue d’un sommet à Londres réunissant également Kiev. Cette démarche diplomatique, qui implique une participation active des États-Unis et de l’Europe, vise à obtenir un cessez-le-feu et à relancer des négociations de paix.

Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz ont officiellement « salué l’appel lancé par le président Zelensky pour une fin de la guerre, négociée par la voie diplomatique ». Zelensky avait adressé jeudi une lettre à Vladimir Poutine lui proposant une rencontre directe.

Le Kremlin a répondu avec scepticisme : Poutine a déclaré ne pas voir « l’intérêt » d’une telle réunion tant qu’un accord préalable n’aurait pas été négocié.

Les paramètres posés par les quatre signataires

La déclaration commune, signée par les quatre parties, pose des conditions claires au processus de paix.

Ce dernier point intervient après de nouvelles frappes russes ayant causé cinq morts en Ukraine et endommagé un site nucléaire.

Zelensky cherche à ancrer le soutien européen

Chaleureusement accueilli par Keir Starmer devant le 10 Downing Street, Zelensky a appelé, avant la réunion, à une « plus grande coopération pour la sécurité de toute l’Europe dans le domaine de la défense aérienne ». Il doit rencontrer lundi le roi Charles III.

La démarche ukrainienne vise à mobiliser davantage les alliés européens dans la recherche d’une solution diplomatique, alors que l’attention du président américain Donald Trump s’est déplacée vers le conflit en Iran.

Dans une interview diffusée dimanche sur Sky News, Zelensky a par ailleurs révélé avoir rencontré à Kiev l’oligarque russe Roman Abramovitch, lui transmettant notamment le message que Kiev ne céderait pas le Donbass.

Les frappes se poursuivent sur le terrain

Sur le plan militaire, la situation reste critique. Des frappes russes dans la région de Zaporijjia ont fait au moins deux morts et trois blessés dimanche, tandis que des attaques de drones et bombardements aériens sur la région de Dnipropetrovsk ont causé deux morts supplémentaires.

Une frappe de drone russe a « partiellement détruit » un bâtiment sur le site de stockage de combustible nucléaire usagé dans la zone d’exclusion de Tchernobyl, selon l’opérateur public ukrainien Energoatom. Le bâtiment était vide au moment de l’impact et les niveaux de radiation sont restés normaux.

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a qualifié l’incident de « profondément inquiétant, car il s’est produit sur un site contenant de larges quantités de matériel nucléaire ».

Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a lancé 236 drones dans la nuit de samedi à dimanche, dont 215 ont été interceptés. En représailles, Kiev a frappé des dépôts de carburant et un terminal pétrolier en Crimée annexée, ainsi que la région frontalière russe de Briansk. Tôt lundi, une attaque de drone ukrainien contre un train reliant Moscou à Simferopol a tué l’assistant du conducteur, selon les autorités criméennes.

Avec AFP