Trêve unilatérale russe pour le Jour de la Victoire, accompagnée d’une menace de représailles
La Russie a annoncé lundi un cessez-le-feu unilatéral pour les 8 et 9 mai 2025, à l’occasion du 81e anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie. Simultanément, le ministère russe de la Défense a menacé de lancer une « frappe massive de missiles » sur le centre de Kyiv en cas de violation de cette trêve par l’Ukraine.
La proposition avait été formulée par le président Vladimir Poutine lors d’un entretien téléphonique avec Donald Trump la semaine précédente. Le communiqué officiel, diffusé sur l’application de messagerie d’État MAX, précise : « Conformément à la décision du commandant en chef suprême des forces armées russes, Vladimir Poutine, un cessez-le-feu est déclaré pour les 8 et 9 mai 2026. Nous espérons que la partie ukrainienne fera de même. »
Le texte avertit en outre que civils et représentants diplomatiques devraient quitter la capitale ukrainienne « à temps » si Kyiv choisissait de perturber les commémorations.
Zelensky annonce une trêve ukrainienne anticipée
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a répondu lundi soir via le réseau social X en annonçant un régime de silence ukrainien effectif dès 00h00 dans la nuit du 5 au 6 mai, soit plusieurs jours avant la trêve proposée par Moscou.
Zelensky a précisé que l’initiative russe n’avait pas été officiellement communiquée à Kyiv par les voies diplomatiques habituelles. Il a déclaré : « Nous considérons que la vie humaine a une valeur incomparablement supérieure à toute commémoration. »
Le président ukrainien a également relevé la décision du ministère russe de la Défense de ne présenter aucun matériel militaire lors du défilé annuel sur la Place Rouge — une première depuis 2008 — par crainte d’attaques de drones ukrainiens à longue portée.
Frappes meurtrières en Ukraine dans la journée du lundi
En parallèle de ces annonces diplomatiques, des attaques russes ont causé la mort d’au moins neuf personnes en Ukraine ce lundi.
Un missile balistique a frappé la ville de Merefa, située près de Kharkiv, deuxième ville du pays, faisant sept morts civils et des dizaines de blessés. Parmi les victimes figurent deux hommes et trois femmes ; un enfant de deux ans a également été blessé. Le gouverneur de la région, Oleg Synegubov, a qualifié la frappe d’attaque contre des « infrastructures civiles dans une ville située assez loin de la ligne de front ».
Dans la région méridionale de Zaporijjia, une frappe russe a tué deux personnes dans le village de Vilnyansk — un homme de 51 ans et une femme de 62 ans — et blessé quatre autres, dont leur fils de 31 ans. Vilnyansk est situé à proximité de la capitale régionale, vers laquelle les forces russes ont progressé ces derniers mois.
Côté russe, le gouverneur de la région de Belgorod, Viatcheslav Gladkov, a signalé qu’un drone ukrainien avait tué un civil dans une zone frontalière, blessant par ailleurs sept personnes, dont un garçon de dix ans.
Contexte diplomatique : les négociations américaines en retrait
Les efforts de médiation conduits par Washington pour mettre fin au conflit ont été relégués au second plan ces dernières semaines, en partie du fait des tensions autour de la crise iranienne. Les frappes meurtrières se multiplient dans l’intervalle, illustrant le fossé persistant entre les déclarations de trêve et la réalité sur le terrain.
