La tension entre Washington et Téhéran a franchi un nouveau seuil mercredi, lorsque Donald Trump a annoncé, lors d’un entretien accordé à Fox News, que les États-Unis frapperaient l’Iran « fort » en réponse aux attaques menées contre des bases américaines en Jordanie. « Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée », a déclaré le président américain selon les propos rapportés par le journaliste Trey Yingst, qui s’est entretenu hors antenne avec Trump. Cette déclaration intervient dans un contexte d’escalade militaire rapide, après une accalmie de plusieurs jours dans la région.
Sur le plan opérationnel, l’armée jordanienne a confirmé avoir intercepté et abattu cinq missiles balistiques iraniens, tandis que les Gardiens de la Révolution iraniens ont reconnu avoir délibérément visé des installations militaires américaines en territoire jordanien. Trump a précisé, toujours selon Yingst, que « les forces américaines n’ont eu que quelques minutes pour abattre ces missiles balistiques iraniens qui arrivaient », soulignant la rapidité et la dangerosité de l’échange. Cette séquence illustre un niveau d’engagement direct entre forces américaines et iraniennes qui dépasse le cadre des affrontements par proxies qui ont dominé les dernières semaines.
La question de la coordination diplomatique complique davantage l’analyse de la situation. Des frappes conjointes américano-saoudiennes ont ciblé des positions de groupes armés pro-iraniens en Irak, officiellement en riposte à des attaques contre des cibles américaines et des installations pétrolières saoudiennes. Trump a affirmé que ces opérations avaient été « coordonnées avec le gouvernement irakien », une version que Bagdad conteste formellement : la présidence irakienne a dénoncé, sans nommer explicitement Washington ni Riyad, des « bombardements qui ont visé les bases du Hachd al-Chaabi », les qualifiant d’« attaque inacceptable et de violation flagrante de la souveraineté de l’Irak ». Selon le Hachd al-Chaabi lui-même, au moins 20 de ses membres ont été tués et 32 blessés dans ces frappes.
Trump a par ailleurs qualifié ces milices pro-iraniennes de « cancer pour le monde » et indiqué qu’il envisageait des « mises en garde supplémentaires » à l’encontre des soutiens de l’Iran, laissant entendre que la séquence en cours n’est pas close. Pour la Suisse, dont le Finanzplatz entretient des liens indirects avec les marchés énergétiques du Golfe et dont le rôle de puissance protectrice entre Washington et Téhéran reste actif, cette escalade mérite un suivi attentif. La stabilité régionale pèse directement sur les prix de l’énergie et sur les dynamiques de risque auxquelles sont exposées les institutions financières helvétiques opérant à l’international. L’issue de cette confrontation dépendra en large partie de la capacité des acteurs régionaux — Jordanie, Irak, Arabie saoudite — à contenir une logique d’escalade que ni Washington ni Téhéran ne semblent, pour l’heure, disposés à interrompre.

