Iran : Rubio affirme que Trump « n’a pris aucune décision » sur une éventuelle opération militaire

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré samedi que le président Donald Trump n’avait pris « aucune décision » concernant une éventuelle nouvelle opération militaire contre l’Iran, tout en laissant ouverte la voie diplomatique, lors d’une conférence de presse tenue à Atlanta à l’issue d’une réunion des ministres du G20. Cette prise de parole intervient dans un contexte de spéculations croissantes sur une possible reprise des hostilités au Moyen-Orient, quelques jours avant les élections américaines de mi-mandat prévues mardi.

Rubio a précisé que l’administration Trump privilégiait une approche non militaire, soulignant que si le président avait voulu recourir à la force, il « l’aurait fait il y a des semaines, voire des mois ». Le secrétaire d’État a par ailleurs confirmé l’existence de plusieurs séries de pourparlers en cours, notamment par l’intermédiaire de pays médiateurs dont le Qatar, tout en refusant de se prononcer sur leur état d’avancement ou sur un quelconque calendrier. « Les pourparlers n’ont jamais cessé », a-t-il insisté, signalant que la préférence présidentielle allait clairement vers une résolution « diplomatique et pacifique » du dossier, dans la mesure du possible.

Rubio a néanmoins posé des conditions explicites à tout accord négocié, indiquant qu’une solution diplomatique ne saurait « mettre en danger la sécurité nationale » américaine ni ignorer les « préoccupations fondamentales » qui ont conduit Washington à s’engager dans cette confrontation. Il a également fustigé les agissements de Téhéran en mer, dénonçant le fait que « l’Iran attaque directement des navires commerciaux », une réalité qu’il a présentée comme structurante dans l’évaluation de la menace iranienne par l’administration américaine.

Du côté iranien, le guide suprême Mojtaba Khamenei a mis en garde samedi les États-Unis contre de nouvelles frappes, dans un contexte où les déclarations du président Trump alimentent les inquiétudes régionales. La semaine précédente, Trump avait évoqué la possibilité d’une autre opération du type « Fureur épique », en référence à l’offensive militaire américaine contre l’Iran lancée le 28 février, laissant ainsi planer une ambiguïté stratégique calculée sur ses intentions réelles.

Plusieurs participants à la réunion du G20 ont exprimé leur préoccupation face au risque d’escalade. La cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a explicitement mis en garde contre toute aggravation de la situation dans la région, une position relayée par le chef de la diplomatie allemande, qui a déclaré vendredi ne pas « penser que la reprise des combats puisse résoudre ce problème, quelles que soient les circonstances ». Ces mises en garde reflètent une inquiétude partagée par les partenaires occidentaux de Washington, qui observent avec attention la marge de manœuvre que l’administration américaine entend conserver dans ce dossier hautement sensible.