La FIFA ne recule pas. Malgré une opposition quasi unanime des fédérations européennes et américaines, l’instance dirigeante du football mondial, dont le siège est établi à Zurich, a confirmé vendredi sa volonté de poursuivre la création d’une société commerciale ouverte à des investisseurs privés.
Le dossier, rendu public mardi sous l’appellation FIFA Forward Enterprise (FFE), repose sur une logique financière précise : lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars sur la base d’une valorisation estimée à 20 milliards de dollars, les investisseurs privés ne détenant pas plus de 20 % du capital de la nouvelle entité. L’objectif affiché est de porter à 10 milliards de dollars le financement du développement du football mondial sur la période 2023–2027. Plusieurs points structurent ce projet et expliquent à la fois son attrait et les résistances qu’il suscite.
Dans son communiqué, la FIFA attribue l’intensité des réactions à des « informations inexactes diffusées dans les médias » et réaffirme que l’instance conserverait le contrôle exclusif de la FFE ainsi que l’« autorité exclusive » sur la gouvernance sportive, les compétitions, le calendrier et les décisions réglementaires. « Personne n’est en train de vendre le football », insiste-t-elle, tout en s’engageant à poursuivre une « consultation ouverte et démocratique » auprès de l’ensemble des fédérations membres.
La crédibilité de cet engagement sera déterminante. L’ouverture partielle d’une structure aussi centrale que la FIFA à des capitaux privés minoritaires n’est pas sans précédent dans d’autres secteurs — le Finanzplatz helvétique en connaît les mécanismes. Reste à savoir si la gouvernance sportive internationale, soumise à des pressions politiques que le droit des sociétés ne suffit pas à encadrer, peut absorber une telle transformation sans fragmenter les équilibres institutionnels qui structurent le football mondial depuis des décennies.

