Une pétition réunissant plus de 3 200 signatures a été remise mardi au Grand Conseil genevois, portée par la Coordination genevoise pour le droit à manifester (CGDM). Son objet : l’interdiction formelle des nasses policières dans le canton, à la suite de l’opération menée par les forces de l’ordre lors de la manifestation anti-G7 du 14 juin dernier.
Ce jour-là, plusieurs centaines de manifestants avaient été retenus pendant environ dix heures dans un dispositif de confinement — communément appelé nasse — après des affrontements entre des membres de groupes black bloc et les forces de sécurité. Selon les signataires, les personnes ainsi immobilisées n’ont bénéficié d’aucun accès à l’eau pendant plusieurs heures, ni à de la nourriture, ni à des sanitaires. Aucune explication ne leur aurait été fournie quant aux motifs de leur rétention.
La CGDM qualifie cette opération de « punition collective », soulignant que les individus nassés incluaient des manifestants n’ayant pris aucune part aux dégradations. Des centaines de membres de groupes radicaux avaient pourtant provoqué des destructions matérielles lors du cortège, avant de brûler leurs vêtements noirs et de se fondre dans la foule des protestataires.
Sur le plan juridique, le collectif s’appuie sur la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), qui a condamné à plusieurs reprises des États — dont la Suisse — pour l’usage de nasses, au motif d’une restriction disproportionnée à la liberté de circulation et de réunion. La CGDM avertit que ce type d’opération dissuade désormais une partie de la population d’exercer son droit constitutionnel à manifester, par crainte de représailles collectives.
La police genevoise avait, pour sa part, défendu début juillet une « réponse graduée » aux violences des casseurs, préférant le terme de « dispositif de fixation » et assurant avoir prioritairement contrôlé les personnes considérées comme vulnérables. La tension entre ces deux lectures — maintien de l’ordre face à des groupes infiltrés d’une part, respect des droits fondamentaux des manifestants pacifiques de l’autre — est désormais posée formellement devant le parlement cantonal genevois, le Grand Conseil.

