Trêve commerciale sino-américaine : réductions tarifaires en vue, mais impact macroéconomique jugé limité

Trêve commerciale sino-américaine : réductions tarifaires en vue, mais impact macroéconomique jugé limité

Le ministère chinois du Commerce a confirmé mercredi que Pékin et Washington s’engagent dans des négociations visant à réduire mutuellement leurs droits de douane, dans le sillage du sommet entre Donald Trump et Xi Jinping tenu en Corée du Sud en octobre. Cette annonce intervient après près d’une année de guerre commerciale à intensité croissante entre les deux premières économies mondiales.

Un conseil commercial bilatéral comme cadre de négociation

À l’issue de leur rencontre, les deux parties ont institué un conseil commercial conjoint, sous l’égide duquel elles ont convenu, selon le communiqué officiel, « d’engager des discussions sur un accord-cadre prévoyant des réductions tarifaires réciproques sur des produits de valeur équivalente ».

Un responsable anonyme du ministère du Commerce chinois a précisé que les baisses envisagées porteraient sur des marchandises d’une valeur d’au moins 30 milliards de dollars (environ 27,3 milliards d’euros) de part et d’autre. Pékin a par ailleurs appelé Washington à prolonger les accords de trêve conclus l’année précédente.

Un signal positif, mais insuffisant pour réviser les prévisions de croissance

Les analystes accueillent ces développements avec un optimisme mesuré. Zhiwei Zhang, économiste chez Pinpoint Asset Management, juge que ces réductions tarifaires potentielles « ne sont pas suffisamment importantes pour amener les marchés à revoir leurs prévisions de croissance du PIB ».

Il tempère toutefois ce constat : « C’est un pas positif dans la bonne direction. Tant que les deux pays dialoguent pour stabiliser leurs relations bilatérales, c’est une bonne nouvelle pour les investisseurs du monde entier. » Pour les places financières mondiales — dont le Finanzplatz helvétique, fortement exposé aux flux commerciaux transatlantiques et transpacifiques —, la désescalade reste un facteur de stabilisation à surveiller.

Boeing et la viande bovine américaine : des concessions concrètes

Au-delà du cadre tarifaire général, le sommet Xi-Trump a produit plusieurs résultats tangibles. La Chine s’est engagée à acquérir 200 appareils Boeing, sans que les modèles concernés n’aient été officiellement précisés. Des médias américains évoquaient depuis plusieurs mois une commande potentielle portant sur 500 monocouloirs 737 MAX ainsi qu’une centaine de gros-porteurs 787 Dreamliner et 777.

Pékin a également annoncé le rétablissement des agréments accordés à certains exportateurs américains de viande bovine, suspendus l’an dernier au plus fort des tensions bilatérales.

Les terres rares, dossier stratégique encore en suspens

Le communiqué du ministère du Commerce reste en revanche lacunaire sur la question des terres rares, secteur stratégique où la Chine exerce une position dominante et qui avait fait l’objet de sévères restrictions à l’exportation en 2024. Le texte se borne à indiquer que « les deux parties travailleront ensemble afin d’examiner et de résoudre les préoccupations légitimes et fondées en droit de chacun ».

Cette formulation vague signale que le dossier des matières critiques — dont dépendent notamment les industries européennes et suisses de haute technologie — demeure un point de friction structurel entre Pékin et Washington, loin d’être résolu par la trêve en cours.

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