Le Fatah consolide son ancrage local en Cisjordanie
Le mouvement Fatah est arrivé en tête des élections municipales organisées dans 183 municipalités de Cisjordanie, selon les résultats publiés par la Commission électorale centrale, dont le siège est à Ramallah. La liste officielle du mouvement, intitulée Fermeté & Générosité, a notamment remporté Hébron — la plus grande ville de Cisjordanie —, ainsi que Tulkarem et Salfit.
Le Premier ministre palestinien Mohammad Mustafa a qualifié le scrutin d’« expression de la volonté nationale du peuple palestinien » lors d’une conférence de presse annonçant les résultats.
Une participation de 53,4 %, contrastée selon les territoires
Le taux de participation s’est établi à 53,4 % à l’échelle de la Cisjordanie. Ce chiffre contraste fortement avec celui enregistré à Deir el-Balah, dans la bande de Gaza, où seuls 22,7 % des 70 000 électeurs inscrits se sont déplacés aux urnes.
Plusieurs grandes villes, dont Ramallah et Naplouse, n’ont pas organisé de vote à proprement parler : une seule liste, affiliée ou dominée par le Fatah, était enregistrée dans chacune d’elles, rendant tout scrutin formel superflu.
Jénine : un résultat ambigu pour le Fatah
À Jénine, ville du nord de la Cisjordanie associée à une résistance armée persistante contre l’occupation israélienne, le Fatah n’a obtenu que six des 15 sièges en lice, à égalité avec la liste indépendante Jénine.
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montraient des groupes de jeunes hommes célébrant ce résultat dans le centre-ville, scandant des slogans en référence à des factions armées locales et interprétant l’issue du scrutin comme un revers pour le mouvement.
Absence du Hamas, inclusion de Gaza
Aucune liste ne se réclamait du Hamas, rival islamiste du Fatah qui contrôle une large partie de la bande de Gaza, ravagée par plus de deux ans de conflit armé avec Israël. La quasi-totalité des listes candidates étaient soit affiliées au Fatah, soit sans étiquette partisane.
Mohammad Mustafa a par ailleurs salué la participation de Deir el-Balah au scrutin local, y voyant « une première étape vers un cadre national plus inclusif », dans la perspective d’une « unité dans toute la Palestine ».
