Lufthansa : chiffre d’affaires record en 2025, mais la crise iranienne ampute les perspectives 2026

Lufthansa : chiffre d’affaires record en 2025, mais la crise iranienne ampute les perspectives 2026

Le groupe aérien allemand Lufthansa a enregistré en 2025 le chiffre d’affaires le plus élevé de son histoire, à 39,6 milliards d’euros, soit une progression de 5 % sur un an. Pourtant, la flambée du prix du kérosène consécutive au conflit impliquant l’Iran assombrit les perspectives pour 2026, avec un surcoût anticipé de 1,7 milliard d’euros et une révision à la baisse du bénéfice annuel.

Des résultats 2025 solides, un premier trimestre 2026 en hausse

Le résultat opérationnel du groupe a progressé de 20 % par rapport à 2024, témoignant d’un rebond soutenu de la demande passagers. Au premier trimestre 2026, le chiffre d’affaires a encore crû de 8 % en glissement annuel, porté notamment par la hausse du trafic long-courrier.

Les filiales Lufthansa Technik et Lufthansa Cargo ont contribué significativement à ces résultats, la première bénéficiant d’une forte demande de services de maintenance et de révision, la seconde tirant parti de la commercialisation des capacités de fret d’ITA Airways.

Le kérosène, principal facteur d’incertitude

La volatilité du prix du carburant constitue désormais la principale variable d’ajustement pour le groupe. Les détournements d’espaces aériens liés au conflit iranien allongent les temps de vol, augmentent mécaniquement la consommation de kérosène et génèrent des surcoûts de maintenance ainsi que des besoins accrus en personnel navigant.

En réponse, Lufthansa a supprimé 20 000 vols court-courriers jusqu’en octobre 2026, une décision qui s’inscrit dans une logique de préservation des marges face à l’insoutenabilité opérationnelle des appareils les moins économes en carburant lors des pics de prix. À l’échelle mondiale, quelque 13 000 vols ont déjà été annulés en mai, selon les données rapportées par Euronews.

Le directeur financier, Till Streichert, a reconnu la dégradation des perspectives : « Nous sommes satisfaits du premier trimestre […] mais la situation actuelle nous oblige à examiner rigoureusement tous les leviers disponibles pour réduire les coûts, améliorer l’efficacité et atténuer les risques. Notre bénéfice annuel sera probablement inférieur à ce qui était prévu initialement. »

Une stratégie de résilience structurelle

Face à ces turbulences, le groupe mise sur deux leviers principaux : un programme de modernisation de la flotte destiné à réduire la dépendance aux appareils énergivores, et une politique de couverture contre les fluctuations du prix du carburant supérieure à la moyenne sectorielle.

Le directeur général, Carsten Spohr, a insisté sur la capacité d’absorption du groupe : « La crise persistante au Moyen-Orient, combinée à la hausse des coûts du carburant et aux contraintes opérationnelles, représente un défi immense. Nous disposons toutefois d’une forte capacité de résilience. Cela vaut autant pour notre couverture carburant que pour notre stratégie multi-hub et multi-compagnies, qui nous offre une plus grande flexibilité dans le développement de notre réseau et de notre flotte. »

Dans l’immédiat, Lufthansa recommande aux passagers de réserver leurs vols estivaux le plus tôt possible afin d’anticiper d’éventuelles nouvelles surtaxes carburant. La saison estivale 2026 est attendue dynamique, la demande mondiale de transport aérien continuant d’afficher une résilience notable malgré le contexte géopolitique.

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