Hongrie : Péter Magyar prête serment comme Premier ministre, mettant fin à seize ans de règne d’Orbán

Magyar exige des démissions et réinstalle le drapeau européen dès la première séance parlementaire

Budapest, samedi — Péter Magyar a prêté serment ce matin au Parlement hongrois, devenant officiellement Premier ministre à l’issue d’une victoire électorale écrasante en avril. La cérémonie clôt seize années de gouvernance de Viktor Orbán et marque une rupture institutionnelle profonde avec le régime précédent.

Une majorité absolue au Parlement

Le parti Tisza de Magyar a remporté 141 sièges sur 199 à l’Assemblée nationale, soit la majorité absolue. Le Fidesz d’Orbán ne conserve que 44 sièges, tandis que son ancien allié le KDNP en obtient 8 et le parti Mi Hazánk 6.

Magyar a été formellement élu Premier ministre lors de la séance inaugurale du Parlement, avec 140 voix pour, 54 contre et 1 abstention.

Un discours d’investiture tourné vers la rupture systémique

Après sa prestation de serment, Magyar a affirmé que le peuple avait confié à Tisza le mandat de « changer non seulement le gouvernement, mais aussi le système ».

« Je ne gouvernerai pas la Hongrie, je servirai ma patrie », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Il ne saurait y avoir de nouveau départ sans réconciliation, ni de réconciliation sans justice. »

Le nouveau Premier ministre a exigé que les hauts responsables publics ayant servi le régime précédent démissionnent au plus tard le 31 mai, citant nommément le président de la République, Tamás Sulyok, comme premier concerné.

Ruptures protocolaires symboliques

Viktor Orbán a rompu avec 36 ans de tradition en n’assistant pas à la séance inaugurale et en n’y prononçant aucun discours — une absence remarquée dans le contexte de la transition.

Ágnes Forsthoffer, vice-présidente de Tisza, a été élue présidente du Parlement. Sa première mesure a été la réinstallation du drapeau européen sur le bâtiment parlementaire, après près de douze ans d’absence.

Par ailleurs, la nouvelle Assemblée nationale a élu Magyar dès la séance inaugurale, rompant avec la pratique habituelle qui laissait s’écouler plusieurs jours entre les deux événements. Cette décision devrait accélérer la formation du nouveau gouvernement.

Une journée de festivités populaires

Le parti Tisza a organisé une « Fête populaire du changement de système » pour marquer l’événement. En début d’après-midi, la place Kossuth, devant le Parlement, rassemblait déjà une foule dense, transformant une journée institutionnelle en mobilisation collective.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *