Genève : 20 000 manifestants anti-G7 défilent à la veille du sommet d’Évian

Genève mobilisée contre le G7 : heurts et déploiement sécuritaire massif

Quelque 20 000 manifestants ont défilé dimanche à Genève pour protester contre le sommet du G7, qui s’ouvre ce lundi à Évian-les-Bains, en France voisine. Selon le porte-parole de la police genevoise, Alexandre Brahier, environ 600 militants dits « Black Bloc » figuraient parmi les protestataires. Des affrontements ont éclaté en soirée près du siège des Nations Unies, faisant de Genève le théâtre d’une tension inédite à la veille d’un sommet international.

Heurts près du Palais des Nations

La manifestation, partie d’un parc en bord de lac, a dégénéré en confrontations entre forces de l’ordre et une partie des protestataires. Ces derniers ont lancé bouteilles, pierres, morceaux de ciment et pétards sur les policiers, qui ont répliqué par des gaz lacrymogènes et des canons à eau.

En soirée, une voiture a été incendiée et les vitres d’une banque brisées, selon plusieurs médias. Les incidents se sont prolongés durant plusieurs heures.

Les pancartes des manifestants reflétaient une diversité de causes : slogans écologistes et féministes, critiques de l’impérialisme, défense des médias indépendants et soutien aux droits des Palestiniens.

Un dispositif sécuritaire franco-suisse sans précédent

La plupart des dirigeants du G7 devant transiter par l’aéroport de Genève avant de rejoindre Évian, les autorités des deux pays ont coordonné un dispositif de sécurité considérable.

À Évian-les-Bains, des dizaines de commerces ont fait poser des panneaux de bois sur leurs devantures par précaution. Un habitant, Robin Hedz, a déploré le « bazar » tout en évoquant les dégâts matériels laissés par le précédent sommet organisé dans la région, en 2003.

Un sommet sous haute tension géopolitique

Ce sommet de trois jours est le premier grand rendez-vous international depuis le déclenchement, le 28 février, du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran. Les dirigeants du G7 doivent aborder la situation au Moyen-Orient, le dossier ukrainien et les déséquilibres économiques mondiaux.

Le conflit en cours a fragilisé la stabilité régionale et entraîné le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du trafic maritime mondial, provoquant une hausse sensible des prix de l’énergie à l’échelle internationale.