JD Vance juge la politique britannique « très abîmée » et appelle à un changement structurel

Le vice-président américain JD Vance a déclaré, dans un entretien publié dimanche par le Sunday Times, que le Royaume-Uni avait été « trahi par ses dirigeants depuis longtemps », tout en qualifiant la Grande-Bretagne de pays « incroyable ». Ces déclarations interviennent dans le contexte de la démission annoncée du Premier ministre travailliste Keir Starmer, contraint de quitter ses fonctions après des résultats électoraux catastrophiques lors des élections locales de mai 2025.

Vance a estimé qu’il existait « quelque chose de très cassé dans la politique britannique », ajoutant que « les gens réclament vraiment un changement structurel majeur ». Il a exprimé l’espoir que le prochain chef du gouvernement — qu’il nomme explicitement Andy Burnham, ancien maire du Grand Manchester — soit « en mesure de remettre le Royaume-Uni sur les rails ».

Burnham, élu député lors de l’élection partielle de Makerfield en juin 2025 avec une large majorité, apparaît comme le successeur le plus probable de Starmer à la tête du Parti travailliste. S’il est désigné, il deviendrait le septième Premier ministre britannique en dix ans, illustration d’une instabilité politique persistante que Washington observe désormais avec une attention croissante.

La critique américaine de Starmer ne se limite pas à Vance. Le président Donald Trump avait lui-même ciblé le Premier ministre sortant sur le réseau Truth Social, lui reprochant d’avoir « échoué de façon lamentable sur deux sujets très importants : l’immigration et l’énergie ». Trump avait notamment réclamé l’ouverture des vannes pétrolières de la mer du Nord, une position cohérente avec sa doctrine de maximisation de la production fossile.

Ces prises de position s’inscrivent dans un schéma plus large de frictions entre l’administration Trump-Vance et les capitales européennes. Depuis janvier 2025, Vance multiplie les attaques contre ce qu’il désigne comme les « élites européennes », les accusant de restreindre la liberté d’expression et de mener des politiques migratoires jugées défaillantes.

Pour la Suisse, ces turbulences dans la relation Washington-Londres-Bruxelles constituent un paramètre à surveiller. La stabilité du Finanzplatz helvétique dépend en partie de la prévisibilité réglementaire et géopolitique de ses principaux partenaires commerciaux. Une recomposition politique au Royaume-Uni, combinée à une pression américaine accrue sur l’Europe, dessine un environnement dans lequel le Bundesrat devra naviguer avec sa pragmatique habituelle.

Starmer demeure en poste jusqu’à la désignation formelle de son successeur par le Parti travailliste. Le calendrier de cette transition reste à préciser.