Donald Trump a réaffirmé samedi son soutien inconditionnel à l’industrie de l’intelligence artificielle, s’en prenant directement aux voix qui appellent à ralentir son développement. Le président américain a publié un message sur son réseau Truth Social pour clarifier sa position : aucune entrave ne sera tolérée.
«Nous n’entraverons ni ne freinerons en aucune manière la croissance de cette incroyable industrie», a-t-il écrit. Cette déclaration intervient dans un contexte de débat croissant aux États-Unis et à l’échelle internationale sur les risques potentiels de l’IA. Des voix issues du monde académique, technologique et réglementaire réclament davantage de garde-fous. Trump balaie ces préoccupations.
Sur le plan institutionnel, Trump a annoncé la création d’une «Force IA», calquée sur le modèle de la United States Space Force. Cette sixième branche des forces armées américaines avait été établie lors de son premier mandat. Les missions précises de cette nouvelle entité n’ont pas encore été définies publiquement.
Trump a également annoncé la nomination imminente d’un «tsar de l’IA», une figure centrale chargée de coordonner la politique fédérale dans ce domaine. Ce poste s’inscrit dans une logique de centralisation de la gouvernance technologique au sein de l’exécutif américain. L’identité du futur titulaire reste inconnue à ce stade.
Cette orientation tranche nettement avec l’approche européenne, qui privilégie un cadre réglementaire strict à travers l’AI Act adopté par l’Union européenne. Pour la Suisse, positionnée entre ces deux pôles, la divergence transatlantique sur la régulation de l’IA soulève des questions concrètes : le Bundesrat devra arbitrer entre les exigences de compétitivité du Finanzplatz et des pôles d’innovation comme Zurich ou Lausanne, et les pressions normatives émanant de Bruxelles.
L’annonce américaine renforce une dynamique de déréglementation technologique qui pourrait attirer des capitaux et des talents au détriment d’autres places. Elle fixe également les contours d’une compétition géopolitique dans laquelle la neutralité helvétique offre des marges de manœuvre, mais aussi des risques d’alignement forcé.

