Le canton de Zoug n’a pas surpris. Au terme du premier tour des élections cantonales tenu dimanche, les sept membres sortants du Conseil d’État zougois ont été reconduits dans leurs fonctions pour une nouvelle législature de quatre ans, avec un taux de participation de 47,6 %. L’exécutif reste ainsi composé exclusivement de représentants bourgeois — Centre, UDC et PLR —, une configuration qui prévaut sans interruption depuis l’éviction des Verts en 2018.
La seuil de la majorité absolue s’établissait à 12 891 voix. Les sept candidats sortants l’ont tous franchi sans difficulté. C’est Laura Dittli, directrice de la sécurité affiliée au Centre, qui a dominé le scrutin avec 22 928 voix, devançant nettement ses collègues. Andreas Hausheer (Centre, Santé), Heinz Tännler (UDC, Finances), Florian Weber (PLR, Travaux publics), Silvia Thalmann-Gut (Centre, Économie), Stephan Schleiss (UDC, Éducation) et Andreas Hostettler (PLR, Intérieur) ont complété le tableau dans cet ordre, confirmant une assise électorale solide pour l’ensemble de l’équipe gouvernementale sortante.
Pourquoi la gauche écologiste reste-t-elle exclue du gouvernement ?
Le cas d’Andreas Lustenberger, candidat de l’Alternative-Les Vert-e-s, illustre les limites structurelles d’une formation minoritaire face au système majoritaire en vigueur à Zoug. Lustenberger a lui aussi dépassé le seuil de la majorité absolue — fait notable, qui témoigne d’une progression réelle par rapport à sa candidature lors de l’élection complémentaire de 2025, organisée à la suite de l’élection de Martin Pfister au Bundesrat. Pourtant, avoir obtenu davantage de voix que lors du précédent scrutin ne suffit pas : il a terminé huitième dans un canton qui n’élit que sept conseillers d’État. La mécanique électorale, indifférente aux progressions relatives, ne récompense que les positions absolues.
Lustenberger a évoqué des « sentiments mitigés » face à ce résultat. Son parti représente pourtant un quart de l’électorat zougois, un fait que le conseiller d’État réélu Andreas Hostettler a lui-même qualifié de « dommage ». Hostettler a néanmoins relativisé l’impact politique de cette exclusion, en soulignant que le gouvernement conduit une politique pragmatique et que les défis structurels du canton — fiscalité, attractivité économique, aménagement du territoire — resteraient identiques quelle que soit la composition de l’exécutif. Il a rappelé, sans détour, qu’il faut des majorités pour gouverner.
Au niveau du Grand Conseil, le scrutin a produit un rééquilibrage discret mais significatif. L’UDC s’impose désormais comme premier parti du parlement cantonal avec 20 sièges sur 80, détrônant le Centre qui en détient 18, en recul d’un siège. Le PLR conserve 17 sièges, également en légère baisse. L’Alternative-Les Vert-e-s maintient ses 11 sièges, le PS ses 8 et le PVL ses 6, sans variation. La recomposition reste donc marginale sur le plan arithmétique, mais elle acte la montée en puissance de l’UDC dans un canton déjà réputé pour son orientation fiscale libérale et son Finanzplatz particulièrement compétitif à l’échelle helvétique.

