Frappes israéliennes sur Beyrouth en pleine négociation américano-iranienne : Trump appelle à ne pas « tout gâcher »

Israël frappe à nouveau la banlieue sud de Beyrouth

L’armée israélienne a mené dimanche de nouvelles frappes sur le quartier de Ghobeiry, dans la banlieue sud de Beyrouth connue sous le nom de Dahiyeh, selon l’Agence nationale d’information libanaise (NNA). Ces bombardements interviennent alors que les négociations entre Washington et Téhéran semblent proches d’un aboutissement, fragilisant un processus diplomatique déjà sous tension.

Des colonnes de fumée étaient visibles au-dessus de la capitale libanaise. Les Forces de défense israéliennes (IDF) ont qualifié ces frappes de « précises », les présentant comme une réponse aux tirs de drones et de roquettes du Hezbollah en direction du territoire israélien.

Netanyahu invoque la légitime défense, Trump tempère

Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a publié dimanche un communiqué affirmant que « toutes les cibles appartenaient à l’organisation terroriste Hezbollah », en réponse directe à des tirs vers Israël. L’armée a précisé avoir pris des mesures pour « réduire au minimum les dommages causés aux civils » avant d’intervenir.

Le président américain Donald Trump a réagi en exprimant sa frustration face au timing de ces frappes. Tout en reconnaissant le droit d’Israël à l’autodéfense, il a estimé que l’attaque initiale du Hezbollah était « dérisoire » et n’aurait pas dû déclencher une telle réponse.

« Cela pourrait être le début d’une paix longue et magnifique, ne la gâchons pas ! », a déclaré Trump sur les réseaux sociaux, appelant toutes les parties — y compris le Hezbollah — à apaiser les tensions.

Un bilan humain qui s’alourdit depuis samedi

Il s’agit de la deuxième vague de frappes en l’espace d’un week-end. Les bombardements de samedi ont déjà causé au moins cinq morts au Liban, dans plusieurs localités du sud du pays :

Samedi, l’armée israélienne avait également ordonné aux habitants de 24 villes et villages libanais de quitter immédiatement leurs foyers.

Aoun appelle à l’unité nationale face à la crise

Le président libanais Joseph Aoun a déclaré samedi que le Liban se trouvait à une « étape décisive », devant choisir entre « un État souverain détenant seul les armes » ou rester « otage de la logique des milices ». Il a prononcé ces mots à l’occasion du 47e anniversaire de l’assassinat de l’ancien ministre Tony Suleiman Frangieh.

« Nous sommes à un moment qui ne tolère ni le luxe du sectarisme ni les tiraillements régionaux », a-t-il ajouté, soulignant que l’unité nationale constituait une « nécessité existentielle ».

L’accord américano-iranien, clé d’une désescalade régionale

L’Iran, principal bailleur de fonds du Hezbollah, conditionne tout accord avec Washington à la cessation des frappes israéliennes au Liban — une exigence qui complique singulièrement les négociations en cours. Lors de la précédente frappe israélienne sur Beyrouth, il y a une semaine, Téhéran avait répliqué par des tirs contre Israël.

Le Pakistan, qui joue un rôle de médiateur, et l’administration Trump affirment que les deux parties sont plus proches que jamais d’un accord, dont la signature pourrait intervenir dès ce dimanche. Le texte envisagé ne traiterait pas directement des dossiers les plus sensibles — programme nucléaire iranien, avoirs gelés — mais prévoirait un cadre de 60 jours pour des discussions techniques.

Ce mécanisme pourrait, s’il aboutit, constituer le socle d’une désescalade au Liban, où le Hezbollah est entré dans le conflit début mars, peu après la mort du guide suprême iranien, l’ayatollah Khamenei.