Licences Patriot : Kyiv veut produire des systèmes antimissiles en Ukraine et en Europe

Zelensky au G7 : licences de production Patriot et cessez-le-feu avant l’hiver

Au sommet du G7 à Évian, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a confirmé avoir demandé au président américain Donald Trump le transfert de licences permettant à l’Ukraine de produire localement des systèmes de défense antimissile Patriot et leurs intercepteurs. Trump aurait réagi positivement à cette demande, selon Zelensky.

Zelensky a parallèlement déclaré vouloir parvenir à un cessez-le-feu, ou à une fin du conflit, avant l’hiver prochain — tout en avertissant que Moscou ne manifeste aucune volonté réelle de négocier.

Une demande stratégique face à la pénurie d’intercepteurs

Le système Patriot, fabriqué par Raytheon et Lockheed Martin, demeure le seul système sol-air de l’arsenal ukrainien capable de contrer les missiles balistiques russes. Or, les stocks d’intercepteurs sont sous pression : la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran aurait consommé près d’un tiers des réserves disponibles, les États du Golfe ayant collectivement tiré plus de 1 100 missiles intercepteurs ces derniers mois.

Lockheed Martin produit environ 600 intercepteurs par an, soit 60 à 65 unités par mois selon Zelensky. La Russie, en comparaison, serait capable de produire environ 120 missiles balistiques par mois, auxquels s’ajoutent d’autres types de vecteurs.

Moscou exploite délibérément cette asymétrie en lançant plus de 30 missiles balistiques par nuit contre des villes ukrainiennes, saturant ainsi les capacités de défense de Kyiv.

Sanctions et défense aérienne, priorités affichées

Dans un message audio diffusé sur son canal WhatsApp présidentiel, Zelensky a désigné les sanctions économiques comme l’outil le plus efficace pour contraindre Moscou à négocier. Il a également réaffirmé que le renforcement de la défense aérienne constituait une priorité absolue tant que Poutine refuserait des pourparlers directs.

« Tout le monde voit bien qu’il n’y a aucune volonté du côté russe d’y mettre fin. Mais il faut l’y contraindre », a-t-il déclaré à l’issue des discussions avec les dirigeants du G7.

L’Ukraine, exportatrice d’expertise antidrones

Si la défense antimissile balistique souffre d’une pénurie d’intercepteurs, le taux d’interception des missiles de croisière atteint environ 80 %, selon l’Institute for the Study of War. La lutte antidrones affiche des résultats encore plus élevés : les forces ukrainiennes interceptent en moyenne plus de 90 % des drones russes, lancés par centaines chaque nuit.

Cette maîtrise opérationnelle, développée sur le terrain ukrainien, a transformé Kyiv en fournisseur de capacités de défense pour des pays du Moyen-Orient et d’Europe. Zelensky a indiqué que ces « accords sur les drones » ont été abordés au G7, et qu’un important contrat avec le Canada serait sur le point d’être finalisé.

« Tout le monde reconnaît notre rôle de premier plan dans le soutien apporté au Moyen-Orient, grâce à notre expertise », a-t-il affirmé mardi en marge du sommet.

Un consensus occidental en formation

Zelensky a indiqué qu’un consensus grandissant se dessine parmi les alliés occidentaux : Vladimir Poutine chercherait délibérément à éviter des pourparlers directs et à prolonger le conflit. « L’ensemble du G7 travaillera à renforcer notre défense », a-t-il assuré, sans préciser les engagements chiffrés obtenus lors du sommet.