Le président américain Donald Trump a annoncé mercredi, en marge du sommet de l’OTAN à Ankara, que les forces américaines frapperaient l’Iran dans la nuit, déclarant le cessez-le-feu conclu le 17 juin entre Washington et Téhéran définitivement caduc. Cette escalade intervient après des frappes américaines nocturnes contre plus de 80 cibles iraniennes, auxquelles Téhéran a répondu en visant des bases militaires américaines dans le Golfe, ravivant le spectre d’un conflit élargi au Moyen-Orient.
« On va les frapper très fort ce soir », a déclaré Trump avant une rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ajoutant que l’Iran « viole l’accord tous les jours ». Le chef de l’exécutif américain a également évoqué la possibilité de s’emparer de l’île de Kharg, nœud stratégique des exportations pétrolières iraniennes dans le Golfe Persique, et a menacé de frapper des infrastructures civiles. Ces déclarations marquent une rupture de ton significative avec la logique de négociation qui avait prévalu jusqu’alors, incarnée par les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner.
Le Commandement central américain (CENTCOM) a précisé dans un communiqué publié sur X que les frappes nocturnes avaient ciblé des systèmes de défense aérienne iraniens, des réseaux de commandement et de contrôle, des radars côtiers, des capacités de missiles antinavires, ainsi que plus de 60 embarcations légères des Gardiens de la révolution islamique opérant dans le détroit d’Ormuz et ses abords. Ces attaques constituaient, selon Washington, une réponse directe aux assauts de Téhéran contre trois navires commerciaux dans cette voie maritime internationale, dont un pétrolier qui a pris feu au large des côtes omanaises. Le CENTCOM a indiqué que cette série de frappes était terminée, tout en précisant que les forces américaines demeuraient « positionnées et prêtes à demander des comptes à l’Iran ».
Réponses iraniennes et tensions régionales
Du côté iranien, la rhétorique s’est durcie à mesure que les frappes se succédaient. Le contre-amiral Habibollah Sayyari, chef d’état-major adjoint des forces armées iraniennes, a averti que toute tentative de débarquement sur le territoire iranien équivaudrait à « entrer dans un enfer vivant ». Le quartier général interarmées Khatam al-Anbiya a parallèlement mis en garde les États voisins hébergeant des forces américaines, les désignant comme cibles légitimes en cas de soutien à Washington. Les Gardiens de la révolution ont affirmé avoir déjà visé 85 emplacements au sein d’installations militaires américaines dans la région, tandis que les médias d’État iraniens signalaient des détonations à Bandar Abbas, Qeshm et Sirik. Le Bahreïn, qui abrite la Ve flotte de l’US Navy, a déclenché ses sirènes d’alerte aux missiles, et l’armée koweïtienne a indiqué sur X que ses défenses aériennes interceptaient des attaques de missiles et de drones.
À Ankara, le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte a pris fait et cause pour les frappes américaines, les qualifiant d’« absolument nécessaires » face à ce qu’il a décrit comme une violation iranienne du cessez-le-feu. Cette position de l’Alliance atlantique s’inscrit dans un contexte où les États-Unis avaient déjà révoqué une licence autorisant la vente de pétrole iranien dans le cadre de l’accord intérimaire, à la suite des précédentes attaques contre des navires marchands. Trump, pour sa part, a reproché à Téhéran d’avoir systématiquement déformé le contenu de l’accord-cadre du 17 juin, citant notamment le dossier nucléaire : « Tout le monde est d’accord : pas d’arme nucléaire. On conclut un accord. Ils sortent, plaisantent devant la presse, et disent qu’on n’en a même jamais parlé. » La dynamique de désescalade qui avait prévalu depuis juin semble, à ce stade, profondément compromise.

