Iran-États-Unis : Washington brandit la menace militaire en marge de négociations au point mort

Iran-États-Unis : Washington brandit la menace militaire en marge de négociations au point mort

Le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a affirmé le 30 mai, lors d’un sommet sur la défense en Asie, que les États-Unis étaient « tout à fait capables » de reprendre les hostilités contre l’Iran si aucun accord diplomatique n’était conclu — une déclaration intervenant alors que les négociations entre Washington et Téhéran demeurent dans l’impasse.

Des stocks militaires jugés suffisants, une patience diplomatique affichée

Pete Hegseth a précisé que les réserves américaines en munitions de haute technologie et en armements produits en série étaient « largement adaptées » à une reprise des opérations, aussi bien sur le théâtre régional qu’à l’échelle mondiale. Il a néanmoins souligné que le président Donald Trump privilégie une sortie diplomatique du conflit, faisant preuve selon lui de « patience » en vue d’un « excellent accord ».

Le Commandement central américain (CENTCOM) a relayé ce positionnement sur X, indiquant que les forces américaines « restent présentes et vigilantes dans toute la région ».

Un accord-cadre provisoire, mais sans décision de Washington

Des négociateurs des deux pays ont conclu un accord-cadre provisoire visant à prolonger le cessez-le-feu de 60 jours et à engager des discussions sur le programme nucléaire iranien. Donald Trump a réuni vendredi de hauts responsables de la sécurité nationale dans la Situation Room de la Maison-Blanche pour examiner cette proposition, mais la réunion de deux heures s’est achevée sans décision formelle.

Selon un responsable de l’administration s’exprimant sous couvert d’anonymat, Trump n’approuvera qu’un accord respectant ses lignes rouges, au premier rang desquelles la garantie absolue que l’Iran ne puisse jamais acquérir l’arme nucléaire.

Les exigences américaines posées publiquement

Dans un message publié sur les réseaux sociaux vendredi, Trump a détaillé les conditions qu’il juge non négociables. L’Iran devrait notamment :

Trump a également indiqué qu’aucun fonds ne serait débloqué en faveur de l’Iran « jusqu’à nouvel ordre ».

Téhéran maintient ses positions, la méfiance reste profonde

Avant même la fin de la réunion à Washington, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré aux médias d’État qu’aucun accord final n’avait été conclu. Il a précisé que les négociateurs se concentraient sur la cessation des hostilités et non sur les spécificités du dossier nucléaire.

Les principaux négociateurs iraniens ont exprimé une défiance explicite à l’égard des garanties verbales américaines. Mohammad-Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, a écrit sur X : « Aucun pas ne sera franchi avant que l’autre camp n’agisse. Nous n’obtenons pas de concessions par les discussions, mais par les missiles. »

Des accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, il y a environ sept semaines, les deux parties s’accusent mutuellement d’en avoir violé les termes. Baghaï a par ailleurs qualifié le blocus naval américain imposé aux ports iraniens d’illégal et incompatible avec les dispositions de l’accord de cessez-le-feu.

Le programme nucléaire iranien demeure le principal point de friction. Téhéran a, à plusieurs reprises, rejeté toute exigence de démantèlement, affirmant que ses activités nucléaires sont exclusivement destinées à des fins civiles et pacifiques. Les divergences structurelles entre les deux capitales laissent la perspective d’un accord final encore incertaine.