Sophie Wilmès au Parlement européen : l’UE doit négocier d’égal à égal avec Washington

L’UE revendique une relation paritaire avec les États-Unis

La vice-présidente du Parlement européen, Sophie Wilmès, a appelé mercredi 29 avril à un rééquilibrage des relations transatlantiques, estimant que l’Union européenne devait s’adresser aux États-Unis « en tant que partenaires égaux ». Ces déclarations interviennent alors que les dirigeants européens envisagent d’adopter une posture plus ferme vis-à-vis de Washington sur les dossiers des droits de douane et du conflit au Moyen-Orient.

« Ce qui est très important concernant les États-Unis, c’est que nous nous parlions en tant que partenaires égaux et non comme un grand frère contre le petit frère ou la petite sœur », a déclaré l’ancienne Première ministre belge lors de l’émission Europe Today d’Euronews. Elle a également plaidé pour une réduction de la dépendance européenne à l’égard de son allié transatlantique.

Antisémitisme : distinguer gouvernement israélien et communauté juive

Sophie Wilmès s’est également exprimée sur la montée de l’antisémitisme en Europe, dans le contexte des récentes attaques contre des communautés juives aux Pays-Bas et en Belgique. « L’antisémitisme est clairement en hausse depuis l’attaque du 7 octobre », a-t-elle reconnu, établissant un lien direct avec la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza.

La vice-présidente a insisté sur la nécessité d’une distinction rigoureuse entre les actes du gouvernement israélien et la communauté juive dans son ensemble. « Quoi que fasse un ministre ou un gouvernement, cela n’excuse pas les actes antisémites », a-t-elle affirmé, appelant à une révision de la stratégie 2021 de la Commission européenne sur la lutte contre l’antisémitisme.

Péter Magyar à Bruxelles : espoir prudent sur l’État de droit en Hongrie

Le Parlement européen a voté mercredi sur le rapport 2025 de la Commission européenne relatif à l’État de droit, un scrutin qui coïncide avec la première visite à Bruxelles du Premier ministre hongrois élu, Péter Magyar. Ce dernier devait rencontrer en fin de journée la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.

« Nous avons bon espoir que ce nouveau gouvernement remettra les choses sur les rails. Mais il est beaucoup plus difficile de remettre les choses sur les rails que de démanteler l’État de droit », a nuancé Sophie Wilmès. Le rapport soumis au vote couvre quatre domaines : système judiciaire, lutte contre la corruption, pluralisme médiatique et équilibres institutionnels.

Budget à long terme de l’UE : tensions prévisibles entre Parlement et États membres

Les négociations sur le cadre financier pluriannuel de l’UE s’annoncent également sous tension. Mardi, le Parlement européen a adopté une position réclamant une augmentation de près de 200 milliards d’euros, soit environ 10 % du budget total, une demande qui se heurtera vraisemblablement à la résistance des gouvernements nationaux.

Forte de son expérience au sein du Conseil européen en tant qu’ancienne cheffe de gouvernement, Wilmès a jugé ces frictions structurellement normales. « Il est tout à fait habituel que les États membres fassent pression pour un budget plus bas, alors que le Parlement fait pression pour un budget plus élevé », a-t-elle expliqué.

Des sources proches du dossier indiquent toutefois que le Parlement adopterait cette fois une ligne plus ferme qu’à l’accoutumée. « Nous sommes confrontés à de nombreux nouveaux défis, tels que la compétitivité, mais aussi la sécurité et la défense. Et cela nécessite plus d’argent, c’est certain », a conclu la vice-présidente.

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