Restrictions sur les réseaux sociaux : les jeunes Européens réclament leur place dans le débat
Alors que plusieurs gouvernements européens examinent des mesures visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, les principaux concernés dénoncent leur exclusion d’un débat qui façonnera directement leur quotidien. Des militants de la jeunesse en France, en Irlande et aux Pays-Bas s’opposent à toute interdiction généralisée et appellent à des réformes réglementaires ciblées.
Une génération connectée, une voix ignorée
Pour de nombreux jeunes Européens, les réseaux sociaux ne constituent pas un simple divertissement : ils représentent un espace de socialisation, d’apprentissage, d’organisation collective et de participation civique. Cette réalité, estiment-ils, est absente des discussions législatives en cours.
Lauren Bond, 19 ans, siège au conseil d’administration de l’Organising Bureau of European School Student Unions (OBESSU), organisation représentant les syndicats d’élèves à travers l’Europe. « La responsabilité de créer un monde numérique plus sûr est vraiment mise sur leurs épaules », a-t-elle déclaré à Euronews Next, résumant le sentiment dominant parmi les lycéens qu’elle représente.
Bond souligne que les interdictions généralisées « ne tiennent pas compte de la réalité vécue des élèves » et que ces derniers ont l’impression que leurs voix n’ont pas été entendues par les décideurs politiques.
En France, une mobilisation citoyenne face au législateur
À Paris, Thomas Yaqoubi Reboul et Noé Hamon ont mobilisé une vingtaine de membres de leur mouvement, Ctrl+Alt+Reclaim, en amont du vote par le Parlement français d’un projet de loi restreignant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Selon eux, ces plateformes permettent aux jeunes de « socialiser, d’apprendre, de créer et de développer un esprit communautaire, notamment à mesure que le monde physique devient moins accessible ».
Plutôt qu’une interdiction, ils préconisent une application plus rigoureuse des cadres réglementaires déjà existants au niveau européen, en particulier le Digital Markets Act (DMA) et le Digital Services Act (DSA), afin de mieux encadrer les plateformes en ligne.
Aux Pays-Bas, un représentant de la jeunesse au cœur des institutions européennes
Niels Zagema a été désigné par ses pairs néerlandais pour porter la voix de la jeunesse au sein des institutions européennes. Il siège au Conseil consultatif des jeunes de la présidente de la Commission européenne et a fait des politiques relatives aux réseaux sociaux l’une des priorités de son mandat.
« Il n’y a pas beaucoup de choses qui ont plus d’impact sur la vie des jeunes que les réseaux sociaux », a-t-il déclaré à Euronews Next. « Les réseaux sociaux peuvent véritablement constituer le fondement d’une société — pour s’informer, se connecter et participer. »
Afin d’étayer ses positions, Zagema a consulté plus d’un millier de jeunes dans des lycées, ainsi que des experts du secteur. Il en ressort que la majorité des jeunes interrogés ne soutient pas les restrictions, même s’ils reconnaissent que celles-ci pourraient les aider à limiter certains comportements problématiques, comme le temps excessif passé sur leur téléphone.
Vers une régulation ciblée plutôt qu’une interdiction générale
La convergence des positions exprimées par ces militants de la jeunesse dessine une alternative cohérente aux interdictions généralisées. Leurs revendications s’articulent autour de trois axes principaux :
Ces propositions s’inscrivent dans une logique pro-marché encadrée : plutôt que d’exclure une tranche d’âge entière des plateformes, il s’agirait de contraindre ces dernières à concevoir des environnements numériques structurellement plus sûrs, sous peine de sanctions effectives.
