Intégration européenne : Berlin propose un statut de « membre associé » pour l’Ukraine en attendant une adhésion pleine

Merz plaide pour une voie intermédiaire vers l’adhésion ukrainienne à l’UE

Le chancelier allemand Friedrich Merz a proposé d’accorder à l’Ukraine un statut de « membre associé » de l’Union européenne, dans une lettre adressée aux dirigeants de l’UE et obtenue par l’AFP jeudi. Cette initiative vise à accélérer l’intégration de Kiev au sein du bloc européen, dans l’attente d’une adhésion pleine et entière jugée inaccessible à court terme.

« Il est évident que nous ne serons pas en mesure de mener à bien le processus d’adhésion dans un avenir proche, compte tenu des innombrables obstacles ainsi que des complexités politiques des procédures de ratification », écrit Merz dans sa missive.

Un statut intermédiaire, pas une « adhésion light »

Berlin tient à dissiper toute ambiguïté : ce statut ne constituerait pas une forme d’adhésion au rabais. La proposition se veut une « étape décisive » sur la voie d’une intégration complète, et non un substitut permanent.

Selon les détails fournis par Merz dans sa lettre — adressée notamment au président du Conseil européen Antonio Costa et à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen —, le statut de membre associé permettrait à l’Ukraine :

Zelensky réclame une adhésion pleine dès 2027

La proposition allemande se heurte aux ambitions affichées de Kiev. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky exige une adhésion complète à l’UE, de préférence d’ici 2027, et s’est historiquement montré réticent à toute formule intermédiaire susceptible de différer cette perspective.

L’Ukraine a obtenu le statut de candidat officiel à l’adhésion en décembre 2023, mais les négociations formelles ont été bloquées par le veto de la Hongrie de Viktor Orbán. La victoire de Peter Magyar aux élections hongroises du 12 avril modifie cependant l’équation politique, laissant entrevoir une reprise des discussions officielles.

Des négociations longues en perspective, notamment sur l’agriculture

Même si le verrou hongrois venait à sauter, les négociations d’adhésion s’annoncent complexes. Le volet agricole constitue un point de friction majeur : l’Ukraine est l’un des plus importants producteurs agroalimentaires mondiaux, ce qui suscite des inquiétudes dans plusieurs États membres, dont la France.

La proposition de Merz s’inscrit dans un contexte où l’UE cherche à maintenir une dynamique d’intégration crédible vis-à-vis de Kiev, sans pour autant pouvoir garantir un calendrier précis d’adhésion — une tension structurelle que Berlin tente, par cette initiative, de gérer de façon pragmatique.

Avec AFP

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