Ukraine : un entrepôt humanitaire de l’OMS détruit à Dnipro

Un entrepôt de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) situé à Dnipro, dans le centre-est de l’Ukraine, a été frappé et intégralement détruit. Le directeur général de l’agence onusienne, Tedros Adhanom Ghebreyesus, l’a annoncé dimanche 10 août 2026 via le réseau social X.

«Vendredi dernier, l’entrepôt humanitaire de l’OMS à Dnipro, en Ukraine, a été frappé et détruit. À ce stade, aucune victime n’est à signaler», a écrit M. Ghebreyesus. Un membre du personnel de l’OMS et plusieurs chauffeurs s’étaient rendus sur place plus tôt dans la journée pour soutenir une opération d’évacuation de matériel. L’équipe a réussi à extraire 130 des quelque 300 palettes présentes avant de quitter la zone, juste avant l’attaque.

L’entrepôt contenait des fournitures médicales humanitaires destinées aux établissements de santé de la ligne de front, principalement des stocks d’urgence de l’OMS. La perte représente donc un manque direct et immédiat pour les structures médicales opérant dans les zones les plus exposées du conflit.

Conformément à ses règles institutionnelles, l’OMS recense les attaques contre les établissements de santé dans le monde sans en attribuer formellement la responsabilité.

Face à ces chiffres, M. Ghebreyesus a réitéré une exigence de principe : «Je ne saurais le dire avec assez de force : les attaques contre les services de santé doivent cesser. Sinon, les gens sont privés de soins vitaux. Même les guerres ont des règles. L’une d’entre elles est que la santé doit être protégée.» Cette position s’appuie sur les conventions du droit international humanitaire, qui protègent explicitement les infrastructures médicales en temps de conflit armé.

Le mois précédent, Médecins Sans Frontières (MSF) avait condamné ce qu’elle qualifie de «stratégie délibérée visant à détruire le système de santé» ukrainien, en documentant un schéma répété et constant d’attaques depuis le début de la guerre. Selon l’organisation humanitaire, ces frappes incessantes contre les établissements de santé et le personnel médical «semblent constituer une stratégie délibérée visant à détruire le système de santé et à punir collectivement la population, plutôt qu’une conséquence accidentelle de l’invasion». Moscou n’a pas répondu publiquement à ces accusations.

Plus de quatre ans après le début de l’offensive russe, les deux belligérants ont intensifié leurs frappes de longue portée, avec un nombre croissant de victimes civiles enregistrées. La destruction de l’entrepôt de Dnipro s’inscrit dans cette dynamique d’escalade, illustrant les effets concrets et mesurables du conflit sur les capacités sanitaires d’un pays dont les infrastructures médicales subissent une pression structurelle croissante.