Amazon franchit pour la première fois le cap des 3 000 milliards de dollars de capitalisation boursière

Le géant américain du commerce en ligne et du cloud Amazon a franchi jeudi le seuil symbolique des 3 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, une première dans l’histoire du groupe fondé par Jeff Bezos en 1994. Cette progression s’inscrit dans un contexte de résultats trimestriels supérieurs aux attentes et d’un regain d’optimisme des investisseurs quant à l’expansion de l’intelligence artificielle dans le secteur du cloud.

Une progression portée par AWS et l’IA

Le titre Amazon a bondi d’environ 5 % pour atteindre un niveau record de 285,01 USD, portant ainsi la capitalisation du groupe au-delà des 3 000 milliards de dollars. Depuis le début de l’année, l’action affiche une hausse de plus de 23 %. Ce mouvement fait suite à la publication de résultats révélant la croissance la plus soutenue d’Amazon Web Services (AWS) depuis plus de quatre ans, accompagnée d’un relèvement des prévisions de dépenses d’investissement.

Ces chiffres confirment une demande robuste pour les services de cloud computing, largement tirée par les applications d’intelligence artificielle. Amazon a notamment renforcé ses partenariats avec OpenAI, Anthropic et Meta dans les domaines de l’infrastructure cloud et des puces spécialisées pour l’IA, des axes stratégiques qui alimentent directement la dynamique de croissance d’AWS.

Il aura fallu un peu plus de deux ans à Amazon pour passer d’une capitalisation de 2 000 à 3 000 milliards de dollars — une vitesse de progression qui témoigne de la confiance persistante des marchés dans le potentiel de monétisation de l’IA par les grandes plateformes technologiques.

Un effet d’entraînement sur l’ensemble du secteur technologique

La performance d’Amazon a soutenu l’ensemble du secteur technologique. Microsoft, Meta Platforms, Alphabet et Oracle ont également progressé en Bourse, les investisseurs ayant été rassurés par la continuité des investissements massifs des grands fournisseurs de cloud dans les infrastructures dédiées à l’IA. Cette dynamique collective indique que les acteurs dominants du secteur maintiennent une stratégie de croissance prioritaire, malgré l’ampleur des dépenses engagées pour les centres de données.

Amazon rejoint ainsi un cercle très restreint. Seules Apple, Microsoft, Alphabet et Nvidia avaient jusqu’ici franchi ce seuil des 3 000 milliards de dollars de valorisation boursière.

Un groupe aux activités diversifiées, dominé par les services

Sur le plan fondamental, Amazon reste un conglomérat aux revenus structurellement diversifiés. Le chiffre d’affaires net se répartit entre la vente de services, qui représente 58,7 % du total, et la vente de produits, à hauteur de 41,3 %. Géographiquement, les États-Unis constituent de loin le premier marché avec 68,3 % des revenus, suivis par l’Allemagne (6,4 %), le Royaume-Uni (6 %), le Japon (4,3 %) et l’ensemble des autres marchés (15 %).

Cette structure de revenus, où les services — dont AWS constitue le moteur de rentabilité — prennent une part croissante, explique en grande partie pourquoi les marchés valorisent le groupe bien au-delà de son activité historique de distribution en ligne. La capacité d’Amazon à monétiser ses infrastructures cloud auprès d’entreprises tierces, tout en développant ses propres capacités en matière d’IA, constitue désormais le principal vecteur de création de valeur aux yeux des investisseurs institutionnels.