Coupe du Monde 2026 : l’Argentine renverse l’Angleterre et retrouve l’Espagne en finale

Un scénario renversant à Atlanta

La thèse s’impose d’elle-même : l’Argentine de Lionel Scaloni ne perd pas — elle attend. Menée 1-0 par l’Angleterre jusqu’à la 85e minute de jeu à Atlanta, l’Albiceleste a retourné la demi-finale du Mondial 2026 en l’espace de sept minutes de temps additionnel, s’offrant une place en finale face à l’Espagne dimanche prochain dans la banlieue de New York, coup d’envoi prévu à 21h00 (heure suisse).

Ce résultat prolonge une série statistiquement remarquable : l’Argentine demeure invaincue lors de ses treize derniers matchs en phase finale de Coupe du Monde, une séquence qui remonte à l’édition 2018. La sélection sud-américaine défend le titre acquis au Qatar en 2022 et vise un quatrième sacre mondial, ce qui la placerait à égalité avec l’Allemagne dans le palmarès historique du tournoi.

Pour la Suisse, ce parcours argentin rappelle une réalité cruelle : c’est précisément cette équipe qui avait éliminé la Nati en quarts de finale sur le score de 3-1 après prolongations. La puissance de feu collective de Messi et ses coéquipiers s’est une nouvelle fois confirmée face à un adversaire pourtant solide et structuré.

Une première mi-temps verrouillée, une seconde décisive

Le match s’est construit sur une tension tactique palpable. Les deux sélections ont livré une première période âpre, marquée par pas moins de dix-neuf fautes sifflées, signe d’une intensité physique élevée et d’une prudence mutuelle. La première occasion franche n’est intervenue qu’à la 34e minute, lorsqu’Anthony Gordon s’est infiltré dans la surface argentine sans parvenir à conclure. Côté argentin, Enzo Fernandez a répondu à la 38e d’une frappe passée juste au-dessus de la cage de Jordan Pickford.

C’est en seconde période que l’équilibre s’est rompu. À la 55e minute, sur un centre de Morgan Rogers, Gordon a devancé le défenseur Nahuel Moli pour ouvrir le score d’une poussée au fond des filets. L’Angleterre tenait son avantage et semblait en mesure de le défendre jusqu’au terme du temps réglementaire.

L’Argentine a alors haussé son niveau de pression, repoussant progressivement le bloc anglais dans ses propres trente mètres. Giuliano Simeone a failli égaliser seul face au but à la 57e, stoppé in extremis par Djed Spence. Alexis Mac Allister s’est lui heurté successivement au poteau (76e) puis à Pickford (77e), deux occasions qui auraient pu clore le débat plus tôt.

Messi, architecte du renversement

Le dénouement, lorsqu’il est venu, a porté la marque de Lionel Messi. À la 85e minute, sur une passe décisive du capitaine argentin, Fernandez a enroulé une frappe précise hors de portée de Pickford pour rétablir la parité. Sept minutes plus tard, en temps additionnel, Messi a de nouveau servi Lautaro Martinez, lequel a retourné définitivement la situation pour porter le score à 2-1.

Deux passes décisives en l’espace de quelques minutes : la contribution de Messi illustre une constante de ce Mondial 2026, celle d’un joueur dont l’influence sur le résultat final demeure déterminante, à 37 ans, bien au-delà des seules statistiques de buts inscrits.

Pour l’Angleterre de Thomas Tuchel, l’élimination est sévère. Les Three Lions manquent une deuxième finale mondiale soixante ans après leur unique titre, remporté à Wembley en 1966. Ils disputeront le match pour la troisième place face à la France samedi à Miami, à 23h00 (heure suisse). La finale, elle, opposera deux nations dont les modèles footballistiques — collectif espagnol structuré contre pragmatisme argentin — promettent une confrontation analytiquement riche.