La Suisse déploie deux hélicoptères Super Puma en renfort face aux incendies de forêt en Gironde

La Confédération helvétique intensifie son soutien à la France dans la lutte contre les incendies de forêt qui ravagent la Gironde : en plus des 34 pompiers romands dépêchés samedi sur place, le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) a annoncé dimanche la mise à disposition de deux hélicoptères Super Puma, accompagnés de leurs équipages, à la demande de la protection civile française.

Une réponse fédérale coordonnée entre deux départements

Ce déploiement mobilise deux entités fédérales distinctes. La Direction du développement et de la coopération (DDC), rattachée au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), assure la coordination de l’opération en collaboration étroite avec le DDPS, soulignant le caractère interministériel d’une telle intervention.

La veille, le ministre français de l’intérieur Laurent Nunez avait évoqué une demande adressée à Berne portant sur quatre hélicoptères légers. La Suisse répond à cette sollicitation avec deux appareils de type Super Puma, des hélicoptères polyvalents à capacité éprouvée dans les opérations de lutte contre les feux.

Un porte-parole du DDPS avait indiqué samedi à l’agence Keystone-ATS que les autorités examinaient la disponibilité des moyens aériens, en tenant compte d’un paramètre domestique non négligeable : la sécheresse généralisée sur le territoire suisse et le risque accru d’incendie de forêt qui en découle.

Un arbitrage entre solidarité et contraintes nationales

Ce facteur illustre la tension inhérente à tout déploiement de ressources opérationnelles hors des frontières : la Confédération doit préserver une capacité d’intervention suffisante sur son propre territoire, alors que les conditions climatiques de l’été 2022 exposent plusieurs cantons à des risques élevés.

La décision d’engager deux Super Puma traduit néanmoins la volonté du Bundesrat de répondre concrètement à un appel d’urgence d’un partenaire européen majeur, dans le cadre des mécanismes de coopération civile existants, sans qu’un accord-cadre bilatéral spécifique avec l’Union européenne ne soit formellement requis pour ce type d’assistance.