Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré lundi que la République islamique faisait face à une guerre «totale» orchestrée par les États-Unis, en ciblant non pas les champs de bataille militaires, mais le tissu économique du pays. Cette déclaration, prononcée lors d’une rencontre avec des responsables de la justice à Téhéran et relayée par le site officiel de la présidence, intervient dans un contexte de dégradation accélérée des indicateurs macroéconomiques iraniens.
La formulation retenue par Pezeshkian est explicite : «La réalité est qu’aujourd’hui, la République islamique d’Iran fait face à une guerre totale» menée par Washington. Il a ajouté que les Iraniens devaient «accepter les conséquences naturelles de cette résistance», reconnaissant ainsi, sans détour, le coût social de la confrontation avec les États-Unis.
Le président a précisé sa pensée en identifiant le front économique comme le principal théâtre d’affrontement : «Aujourd’hui, le principal champ de bataille est celui de l’économie et des moyens de subsistance de la population.» Cette lecture correspond aux données disponibles. En juin, l’inflation annuelle en Iran a atteint près de 90 %, sous l’effet combiné des sanctions américaines et des tensions géopolitiques persistantes. Les chiffres de juillet restent à ce jour indisponibles.
Ce qui préoccupe le chef de l’État iranien va au-delà de la seule conjoncture monétaire. Pezeshkian a formulé un avertissement politique direct : «Si la pression économique venait à engendrer du mécontentement social, l’immense soutien de la population envers l’État risquerait d’être fragilisé.» Cette mise en garde traduit une conscience aiguë de la fragilité du contrat social en Iran, dans un pays où la légitimité du régime repose en partie sur sa capacité à assurer un niveau de vie minimal.
Les précédents récents donnent du poids à cette préoccupation. Fin décembre, un mouvement de contestation déclenché initialement par la hausse du coût de la vie s’est rapidement transformé en manifestations antigouvernementales de grande ampleur, atteignant leur paroxysme les 8 et 9 janvier.
L’écart entre ces deux lectures illustre la difficulté à établir des faits vérifiables dans un contexte d’accès restreint aux sources indépendantes. Ce que les données économiques confirment, en revanche, c’est la réalité d’une pression structurelle croissante sur le rial iranien et sur le pouvoir d’achat des ménages. La question de savoir si Téhéran dispose des marges de manœuvre nécessaires pour absorber durablement ce choc sans rupture politique interne reste, à ce stade, ouverte.

